Voilà deux années que les professionnels de santé s’organisent et instaurent de nouveaux modes de fonctionnement. Cette continuelle adaptation aux contraintes créées par la pandémie n’est pas à démontrer, et le secteur de la cancérologie n’a pas échappé à ce mouvement de fond. Aussi, le fil conducteur de l’innovation dans la coordination qui a été choisi pour guider la 11 e édition du Congrès national des réseaux de cancérologie résonne particulièrement.
Fluidifier le parcours des patients et éviter les ruptures de prise en charge sont deux enjeux devenus primordiaux à mesure que les cancers se sont chronicisés et que la prise en charge ambulatoire s’est développée. Depuis 2003, et le premier Plan Cancer, de fortes évolutions ont été conduites dans cet objectif, mais 30% des patients ressentiraient encore un manque de coordination entre l’hôpital et la ville selon l’Observatoire sociétal des cancers de la Ligue contre le cancer. Ainsi, les innovations dans la coordination des parcours en cancérologie est un sujet plus que jamais d’actualité.
Cette 11 e édition qui s’est tenue à Montpellier a été l’occasion de faire le point sur la façon dont la coordination des professionnels et des parcours va s’implanter dans le cadre des nouveaux dispositifs d’appui à la coordination (DAC) qui sont en train de se mettre en place au niveau national ; la place de la cancérologie dans ce futur guichet unique des parcours complexes, toutes pathologies confondues, a fait l’objet d’une plénière. L’huilage des fonctionnements devra englober l’ensemble du parcours du patient, sans omettre les soins de support, dans lesquels les innovations et la place des acteurs de ville se développent particulièrement. Auprès de l’ensemble de ces professionnels, les nouvelles expertises portées par les infirmières de pratique avancée et les patients partenaires devront aussi trouver leur place.
Enfin, une place importante a été donnée à l’apport des outils numériques, dans le cadre plus global de la Stratégie nationale du numérique en santé : la place grandissante de ces outils dans la pratique doit permettre, si elle est correctement adaptée, d’améliorer l’échange d’information et la coordination des parcours.